Je désigne le 21e siècle comme étant l’Ère de l’assimilation ovulaire. J’ai un ennui soudain de la phallocratie. Maudite évolution.
On ne compte plus les centres de beauté unisexe, les séances de yoga pour hommes, y’a même des pubs de yogourt probiotique qui font danser le baladi aux gars. Woo. Calmez-vous le Fémina.
On pourrait croire qu’à part l’hétérosexualité, il ne nous reste qu’un repère. Un bunker. Une place ou le géniteur masculin possède encore une prépondérance ailleurs que dans une clinique de fertilité. Et j’ai nommé… non, pas le Vatican : le Rona.
J’ai quand même eu ma part de protubérance à mon arrivée. Cette impression d’être Moïse devant la mer Rouge; j’ai franchi les portes coulissantes. Bah, faut bien retrouver un sentiment de supériorité quelque part.
Fébrile, je prends mon carrosse jaune. J’ai le goût de construire un château. Je suis vite ramené sur terre.
Faire son magasinage de matériaux de construction, c’est un peu comme aller aux danseuses. En peu de temps, tu peux te monter un méchant bill. À ma sortie de la rangée des clous et des vis, j’en avais déjà pour plus de 100 piasses. Yish. Fuck le château.
Jusqu’à présent tout va bien. Je fais un homme de moi. Je choisis mon gréement électrique avec autant d’aisance qu’un Chuck Norris au sommet de son art, face à un groupe d’assaillants sud-corréens du désert de l’Arizona (tout comme ses films, cette phrase ne fait aucun sens).
Direction : cour à bois. La fièvre est forte, quasi vertigineuse. Je fais le tour. Une fois. Deux fois. Quinze fois. Fuck. Je suis peut-être plus carencé en aptitudes que je ne le croyais.
Comment ça un 2 par 4, ça ne fait pas vraiment 2 par 4. Pourquoi un 6 par 2, c’est en fait un 6 par 1 ½ ?! Je comprends que l’industrie forestière a le postérieur dans les bas fonds du Dow Jones, mais come on, ayez au moins la décence d’indiquer en haut de votre logo : Oui, on est cheap.
Mon orgueil de mâle va devoir manger un uppercut en pleine gueule. Je dois demander de l’aide. Paf! No pain, no gain.
C’est là que je l’ai aperçu. Elle était magnifique. À couper le souffle. Élancée tel un mannequin de Victoria Secret. Fière comme une collégienne sur le chemin de l’école.
Sa moustache.
Je suis immédiatement rassuré.
Un porteur de moustache, c’est porteur d’un message. C’est le symbole international du moé, j’connais ça. Son macaron À votre service clignote comme un feu de circulation. Je distingue son nom. Serge. Doublement rassuré. Saaarge, ça sonne bien.
On a parlé de praillage, de souffler un mur, de forencer la base… j’ai rien compris. Mais j’ai tout acheté ce qu’il m’a conseillé.
Ça sent la complication. Dans quoi je suis en train de m’embarquer ? Est-ce que ça se réanime un homme rose à l’agonie avec deux carrosses remplis de bois ? J’ai le doute qui trottine… jusqu’à ce que j’y songe un peu en regardant la jeune caissière…
Savoir rénover c’est comme savoir faire un cunnilingus. Faut que t’en fasse une couple, avant d’être bon.
À suivre…
Prochain épisode jeudi prochain.
jeudi 21 janvier 2010
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J'aime bien ton style Guillaume... Tu exposes parfaitement bien a quel point les rapprochements entre le sexe et la renovation sont evidents... :)
RépondreSupprimerMHL
Je me suis franchement bidonnée Guillaume !
RépondreSupprimerLove l'utilisation d'un Saaaaaarge !
Carolyne