Je suis un artiste. Je fais dans l'expressionnisme abstrait-figuratif-post-minimaliste, moderne. J’entends déjà le critique d’art « jouir » linguistiquement devant cette démonstration d’art ludique.
Je suis à l’aube d’un nouveau courant artistique, et j’ai nommé : le Rénova-flop contemporain. J’attends mon entrée sur Wikipédia.
Je suis comme Steeve, le Québécois moyen, devant l’éditorial politique du Devoir.
Je suis devant l’incompréhension.
J’ai une cage d’escalier qui ne ressemble plus à une cage d’escalier. C’est n’importe quoi. J’ai le souvenir d’une cabane de G.I. Joe qui faisait plus de sens que ça…
Je suis un danger public. S'il vous plaît, tenez-vous loin de moi. Une drill est un enrichisseur d’uranium, une pince long-nose, un missile de croisière soviétique.
J’ai affiché un carton à ma porte indiquant : « De grâce, portez votre jack-strap en tout temps ».
Ils vont épingler ma tronche à Dorval. Ma ligne est sûrement sur écoute. Je suis le Ben Laden de Mirabel.
Quand la seule référence de construction est la machine à boules de gomme de ton cours de Techno de secondaire 3 (qui, d’ailleurs, ne fonctionnait même pas), faut savoir être honnête envers soi-même et clamer haut et fort que vous êtes une menace pour la société et, encore plus, pour vous-même.
Je dois avouer candidement être surpris de sentir encore battre mon pouls. Surpris aussi de m’entendre réciter « Je vous salue Marie, mère de Dieu… » en coupant mes 6 X 2 à la scie ronde.
J’ai mal au pouce. Mon marteau va mal. Le premier coup m’a rapproché de l’état que j’ai eu lorsque la fille que j’aimais a cessé de retourner mes appels… Le 2e coup a fait aussi mal que lorsque j’ai su qu’elle s’éclatait avec un de mes amis dans un chic hôtel de la Riviera Maya.
Moi qui croyais m’évader de ces pensées en me lançant dans la rénovation… Tout comme la dernière coupe de mon 2 X 4, c’est raté!
Mon quotidien de fin de semaine va comme suit :
Étape numéro 1 : je prends ma mesure.
Étape numéro 2 : je reprends ma mesure.
Étape numéro 3 : j’exécute ma prière au même moment que ma coupe de bois.
Étape numéro 4 : je vérifie s’il y a trace de sang.
Étape numéro 5 : je pose mon morceau... pour me rendre compte que l’étape numéro 6 n’est qu’un leurre, car, une fois de plus, la mesure n’est pas la bonne. Retour à l’étape numéro 1. Astie.
Je suis écœuré.
Faire de la rénovation, c’est un peu comme faire l’amour à une fille laide. Au début, tu ne sais pas trop par où commencer, puis une fois que t’es dedans, t’as juste hâte que ça finisse.
J’en ai plein mon cul. Fin de l’épisode !
Prochaine « Chronique du rénovateur malhabile », jeudi prochain.
mardi 26 janvier 2010
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